Comment traiter une candidose 2/3 : le traitement antifongique

Pour traiter une candidose, il faut en parallèle du rééquilibrage alimentaire faire un traitement antifongique. Mais quel(s) antifongique(s) choisir ? Chimiques, naturels ? Faut-il prendre des probiotiques en même temps ? Voici un rapide tour de la question, avec une proposition de protocole anti-candida.

Attention : les conseils que je vous donne n’ont qu’une valeur indicative ; demandez l’avis de votre médecin et faites-vous suivre par un.e micronutritionniste ou un.e naturopathe avant de commencer un quelconque traitement. Prenez également garde aux huiles essentielles car elles sont très puissantes et leur utilisation est contre-indiquée dans certains cas (femmes enceintes, enfants…). Enfin, gardez en tête qu’une candidose est particulièrement difficile à soigner : l’auto-médication est malheureusement souvent insuffisante ou non-adaptée sans le suivi d’un.e thérapeute, car la candidose peut être liée à d’autres pathologies.

le traitement antifongique

Les antifongiques chimiques

En ce qui concerne le traitement de la candidose, la médecine conventionnelle a mis au point des molécules chimiques qui ciblent et éliminent les champignons. On les trouve sous forme de comprimés pour une action intestinale et globale. Malheureusement, s’ils peuvent procurer un soulagement rapide, les rechutes sont très fréquentes suite à l’utilisation des antifongiques chimiques. Pour le comprendre, il faut se pencher sur le mode d’action de ces molécules. Celles-ci détruisent en effet une partie des candida présents dans l’intestin lors de son passage, mais pour une action efficace il faudrait a minima prendre ces comprimés sur une longue période – plusieurs semaines voire plusieurs mois. Rares sont les médecins qui donnent un traitement plus long qu’un mois, mais même avec un traitement long il n’est pas sur sûr vous soyez définitivement débarrassé(e) du candida. Dans son livre La Candidose chronique, le naturopathe Philippe-Gaston Besson l’explique ainsi :

[Un antifongique chimique] n’ayant qu’un effet de surface, il génère de la part du candida la formation rapide de microfoyers fongiques, enkystés dans la paroi intestinale, qui peuvent ainsi résister à l’attaque chimique. Ces foyers restent actifs sur le plan toxique et se réveilleront plus tard en essaimant de nouveau dans le tube digestif, expliquant les récidives pratiquement constantes après ce type de traitement. En voulant détruire les champignons, cette pratique va tendre à chroniciser la pathologie. On le voit, le traitement de la candidose n’est pas une affaire de symptôme, mais une affaire de terrain. Or, le terrain ne peut être modifié par des médicaments chimiques.

En effet, le problème des antifongiques chimiques réside dans le fait qu’ils n’ont qu’une action destructrice, en agissant comme un « kärcher ». Avec des antifongiques naturels, on fait un traitement de fond qui sera plus durable et qui n’aura pas l’effet rebond de la thérapie chimique. Car les antifongiques naturels ont l’immense avantage d’avoir également une action rééquilibrante et assainissante de la flore en favorisant les bonnes bactéries.

Il en est de même pour les antifongiques chimiques locaux que l’on trouve en pharmacie, sous forme d’ovules et de crèmes, pour soulager les mycoses vaginales : l’action est certes puissante, mais tend à déséquilibrer encore un peu plus la flore et à la rendre plus propice à d’autres mycoses. D’où la nécessité de les coupler avec des prébiotiques/probiotiques ensuite puis réensemencer la flore vaginale avec de bonnes bactéries.

Par conséquent, si vous arrivez à obtenir un traitement chimique de la part de votre médecin, je vous conseille de commencer avec cela puis de le prolonger avec des antifongiques naturels. Vous aurez ainsi une action puissante sur les champignons, qui calmera vos symptômes, puis les antifongiques naturels prendront le relais pour faire le traitement de fond.

Les antifongiques naturels

Il existe beaucoup d’antifongiques naturels, c’est-à-dire des plantes ou des aliments qui ont une action destructrice sur les champignons. On peut choisir d’en utiliser un en particulier, mais l’on trouve également des complexes qui en combinent plusieurs, ce qui me paraît plus intéressant. Je vais d’abord vous présenter quatre grands antifongiques, car ils sont parmi les plus efficaces et les plus adaptés à la candidose. Je vous parlerai ensuite des complexe d’antifongiques, avant de vous donner pour exemple le protocole anti-candida de plusieurs grands pontes de la micronutrition.

Petite précision qui a son importance : il est important de changer régulièrement le traitement car le candida s’habitue aux antifongiques et peut y devenir résistant. Il est conseillé de changer d’antifongique ou de complexe tous les mois.

quelques exemples d’antifongiques naturels

 Voici une sélection de quatre antifongiques très efficaces :

  • L’ail : il est réputé pour être l’antifongique par excellence, parfois même plus efficace que les antifongiques chimiques… à condition de l’utiliser cru ! Les capsules gastro-résistantes d’ail séché sont pertinentes, bien qu’un peu moins efficace. Il faudrait faire 3 prises par jour, ce qui peut être assez incommodant pour votre entourage !
  • L’huile essentielle d’origan : c’est un anti-infectieux majeur (antibactérien, antiviral, antifongique, antiparasitaire) particulièrement efficace contre le candida albicans. Attention cependant : c’est un hépatotoxique, il est donc dangereux pour le foie à haute dose et/ou sur le long terme ! Il est également dermo-caustique, donc ne jamais le prendre tel quel en sortie de flacon. Il faut le prendre sous forme de comprimé à libération retard : A.D.P.® de chez Energetica Natura.
  • L’extrait de pépins de pamplemousse (EPP) : c’est un puissant germicide (il tue bactéries, virus et champignons), très efficace contre le candida tout en préservant les bonnes bactéries (bifido-bactéries et lacto-bacillis). Si vous souhaitez faire une cure d’EPP, commencez en douceur : 5 gouttes par jour pendant 3 jours, puis 10, puis 15, et vous pouvez monter jusqu’à 15 gouttes 3 fois par jour. Il sera plus efficace avant les repas mais si vous avez l’estomac fragile il vaut mieux le prendre pendant ou après avoir mangé. Attention à choisir un EPP de qualité : voir ici pour de bons conseils.
  • L’acide caprylique : il vient de la noix de coco et est intéressant dans le cadre d’une candidose car il s’attaque, contrairement aux antifongiques ci-dessus, aux levures et non pas aux champignons. Il a en effet la capacité de détruire leur parois cellulaires. Du coup il peut être judicieux de le prendre en simultané avec un autre antifongique pour avoir une action complète sur le candida. Pour la petite anecdote, il faut savoir que les peuples qui consomment beaucoup de noix de coco n’ont quasiment jamais de mycoses… L’acide caprylique doit être pris en gélules gastro-résistantes pour qu’il soit libéré dans les intestins et non dans l’estomac. Exemple d’acide caprylique : Capricin® de chez Energetica Natura, 1 gélule à chaque repas.

 

les complexes anti-fongiques

On peut choisir de faire une cure d’un antifongique naturel seul, comme vu précédemment, mais il est à mon avis plus judicieux de prendre un complexe d’antifongiques, c’est-à-dire plusieurs antifongiques combinés dans une gélule ou un comprimé. Vous aurez ainsi tous les bienfaits de plusieurs plantes en une seule prise, ce qui me semble plus intéressant. De manière générale, je combine toujours plusieurs antifongiques et je change tous les mois de produit.

Vous pouvez vous orienter vers Cleanse Candida de la marque Solaray ou Candidapur du laboratoire Nutrixéal par exemple, à raison d’une gélule par repas (matin, midi, soir), ou seulement sur deux repas si vous sentez que votre foie n’arrive plus à suivre. Nous reparlerons du foie un peu plus bas car c’est un paramètre capital.

un exemple de Protocole anti-candida

J’aimerais partager ici un protocole anti-candida utilisé par de grands pontes de la micronutrition. C’est à mon sens le protocole le plus sérieux et abouti. Il peut aisément suivre un traitement chimique, libre à vous d’en déterminer la durée en fonction de votre cas spécifique.

1 mois : A.D.P.® (huile essentielle d’origan à libération retard) de chez Energetica Natura :  2 x 2 comprimés par jour (matin et soir) + argent colloïdal 20 ppm 3 x 2 cuillères à soupe par jour hors repas (garder quelques minutes en bouche avant d’avaler).

1 mois : Candibiotic (laboratoire Copmed) 1 sachet par jour. Attention, Candibiotic est particulièrement mauvais au goût : si vous êtes sensible, remplacez par un autre complexe antifongique, à raison de 2 x 2 comprimés par jour.

3 mois : Candinat 2 x 2 comprimés par jour pendant 3 mois.

→ Restez en permanence à l’écoute de votre corps et adaptez votre traitement selon ce qui semble vous convenir ou non. Vous seul.e êtes l’expert.e de votre corps. On en parle ci-dessous.

Soutenez votre foie !

C’est un point extrêmement important. Le foie est souvent une victime collatérale de nos traitements et il n’est pas rare que les symptômes de la candidose empirent lors de la prise d’antifongiques. Cela provient du fait que le candida, lorsqu’il « meurt », libère une grande quantité de toxines. Le foie se retrouve alors débordé pour les éliminer et on a l’impression que notre état de santé se dégrade, les symptômes empirent et de nouveaux symptômes peuvent même apparaître (on parle de réaction d’Heirxheimer). D’autre part, les lourdeurs après les repas voire les nausées sont le résultat d’un foie fatigué. En réalité c’est plutôt bon signe : on est en train de déloger le candida. Cependant notre pauvre foie a besoin d’un coup de pouce.

Je vous conseille de commencer à soutenir votre foie dès le début de votre traitement antifongique. N’attendez pas, il n’est pas nécessaire de vous sentir encore plus mal à cause de votre traitement. Si vous ne l’avez pas fait et que vous voyez une belle aggravation de vos symptômes, il faut d’abord veiller à ne pas trop forcer sur les antifongiques, bien que l’on aurait envie de s’en gaver pour tordre le cou du candida une bonne fois pour toutes. Je sais que cela peut être frustrant, cependant il vaut mieux prendre moins d’antifongiques mais sur une plus longue durée : un traitement de fond est bien plus efficace qu’un traitement éclair. D’autant plus que votre corps a déjà beaucoup à faire pour retrouver la santé, inutile de le maltraiter par-dessus le marché. Dans tous les cas, commencez en parallèle une cure pour drainer votre foie.

 Le desmodium est une plante qui protège et régénère efficacement le foie, et qui a l’avantage d’avoir un goût bien plus sympathique que le radis noir ou l’artichaut par exemple. Si vous ne trouvez pas de desmodium, je vous conseille le chardon-marie (un peu moins bon que le desmodium selon moi mais toujours mieux que le reste !) qui lui est un excellent drainant du foie et va éliminer les toxines libérées par le candida. Vous pouvez bien sûr prendre les traditionnels artichaut, radis noir, pissenlit et autres, mais le goût est vraiment plus amer et prononcé. Généralement les draineurs hépatiques se présentent sous la forme de cures de 20 ampoules, vendues pour une dizaine d’euros en magasins bio ou en pharmacie. Je prends souvent la marque Superdiet mais les autres sont très bien aussi.

 En cas de réaction d’Heirxheimer violente (malaise, vertiges, nausées, état vaseux, migraines…), c’est que le corps a trop de toxines. Purgez-vous en prenant 1 cuillère à soupe de chlorure de magnésium ou de sulfate de magnésium dans un grand verre d’eau (ou de jus de fruits, pour supporter le goût : non, cela ne va pas tout ficher en l’air votre régime anti-candida, détendez-vous !). Recommencez ensuite 2 heures plus tard. Cela aura un effet laxatif imparable qui vous permettra de faire le ménage dans vos intestins !

Et les probiotiques et prébiotiques ?

La complémentation en probiotiques dans le cadre d’une candidose fait assez souvent débat. Il y a des thérapeutes qui pensent qu’elle est une étape indispensable, d’autres qui affirment que tous les probiotiques sont à éviter tant qu’on ne sait pas exactement, analyses biologiques à l’appui, quelle est la population de notre intestin. Et même les professionnels en faveur des probiotiques ne sont pas d’accord entre eux, certains prônant le fait de ne démarrer la complémentation qu’une fois le traitement antifongique terminé, d’autres préconisant au contraire de faire les deux en même temps.

Je n’ai bien entendu pas les compétences pour trancher sur ces sujets. Tout ce que j’ai pu constater, c’est que les différents thérapeutes que j’ai consultés m’ont tous donné des probiotiques à prendre en même temps que les antifongiques, argumentant que soutenir la bonne flore intestinale est aussi un moyen de lutter contre la prolifération du candida albicans, car la flore intestinale s’auto-régule (et donc plus il y a de bonnes bactéries, plus elles ont de chance de gagner le combat). Cependant, si vous constatez une dégradation de votre état avec les probiotiques, mieux vaut bien sûr les arrêter.

 Au niveau des produits, j’ai en testé quelques-uns mais je ne saurais pas vous dire lequel est le plus approprié à votre cas.

  • J’ai pris Lactibiane Candisis (10 milliards), 2 gélules par jour. Cette dose est plutôt adaptée à une phase « d’attaque », on peut passer à la dose de 5 milliards en phase d’entretien, 1 gélule par jour. Ce complément alimentaire a été spécialement formulé pour stopper la prolifération du candida et renforcer la flore intestinale et vaginale. J’ai aussi pris Ergyphillus Confort de chez Nutergia, 2 gélules le matin. C’est un complément alimentaire un peu moins spécifique mais « de base », dirons-nous.
  • J’ai pris également 1 gélule d’Ultraflora Duo le matin et 1 gélule d’Ultraflora forte le soir, selon la complémentation prescrite par une micronutritionniste.

Attention, pour que les bactéries restent vivantes et ne soient pas détruites par l’acidité gastrique, il faut qu’elles soient contenues dans des gélules gastro-résistantes. Veillez aussi à les prendre soit une demi-heure avant les repas, soit deux heures après, c’est très important !

Pssst, avez-vous lu la première partie : Comment traiter une candidose 1/3 : Le régime anti-candida ?

 

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Image : Pexels

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Je m'appelle Anaïs et je partage sur ce blog mes connaissances et expériences personnelles concernant la candidose (et les mycoses). Le but ici est de vous aider à ne pas devenir chèvre avec le régime anti-candida : état d'esprit, astuces et surtout recettes compatibles (notamment, des desserts anti-candida), je vous aide à remettre de la joie sur votre chemin de guérison. Merci d'être là !

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