Régime anti-candida : faut-il le suivre ?

Posted in Candidose, Santé
Devez-vous suivre le régime anti-candida ?

 

J’ai écrit au début de ce blog un article, Oubliez le régime anti-candida, qui est l’un de vos favoris. Si cet article plaît autant, c’est parce que le régime anti-candida nous paraît tellement draconien que l’on préférerait tous(tes) pouvoir s’en passer… Or j’aimerais apporter plus de précision et compléter cet article car je remarque qu’il reste parfois un peu flou pour vous, mais aussi parce que ma vision des choses a légèrement changé depuis sa publication.

D’une part, parce que ce premier article avait été écrit suite à un contexte particulier : quelques mois auparavant j’avais été gravement malade suite aux conseils d’une naturopathe. Elle voulait que je suive le régime anti-candida à la lettre et elle n’avait pas su remettre en question ses prescriptions alors que ma santé se dégradait. J’étais devenue complètement obsédée par la nourriture à force de frustrations et mon foie était au bout du rouleau avec ses huiles essentielles antifongiques à gogo.

D’autre part, je remarque que certain(e)s lecteurs(trices) sont un peu perdu(e)s avec ce premier article : je dénonce le régime anti-candida, pourtant je dis qu’il faut arrêter le sucre… Alors pour ou contre le régime anti-candida ? Bref, l’essence de mon message n’était peut-être pas assez clair. Comme j’ai parcouru un petit bout de chemin depuis ces aventures et que j’ai pu faire d’autres expériences, j’ai maintenant acquis une vision légèrement différente du régime anti-candida. J’aimerais la partager avec vous, et clarifier un peu ma position.

 

Il ne s’agit ici que de ma propre opinion. Vous avez le droit d’être d’accord ou non, libre à vous ! Je sais que mes propos ne plairont pas à certaines personnes qui prônent un régime anti-candida “radical”. Je rappelle que je ne suis pas une professionnelle de la santé, mais j’estime que souffrir de cette maladie depuis plusieurs années me rend légitime pour en parler. J’espère simplement que cet article vous donnera du grain à moudre… 🙂

Oui, vous devez changer votre alimentation si vous voulez guérir

Dans mon article Oubliez le régime anti-candida, mon message n’était pas de vous recommander de continuer à manger n’importe comment. Non : l’essence de cet article était plutôt de dénoncer le discours radical voire quasi sectaire que tient une majorité de personnes (naturopathes, notamment) bien-pensantes vis-à-vis des règles à suivre pour guérir d’une candidose. J’en ai malheureusement fait les frais, et je suis loin d’être la seule. Or tenir un régime alimentaire irréprochable, si c’est pour devenir dingue à cause d’une trop grande frustration, est totalement contre-productif.

Je ne vous le cache pas, j’espérais qu’adopter un régime moins strict, tout en me faisant plaisir, serait suffisant pour recouvrer la santé. Malheureusement il y a eu beaucoup de hauts et de bas, et j’ai dû me rendre à l’évidence que sans un certain contrôle, les résultats sont très maigres ou seulement temporaires. Ce n’est probablement pas ce que vous voulez entendre mais malheureusement l’expérience (la mienne et pas mal d’autres témoignages) montre bien qu’en n’opérant pas un changement alimentaire adéquat, la candidose sera au mieux en sommeil un certain temps avant de réapparaître, et au pire toujours aussi vivace.

Je suis en revanche toujours farouchement opposée à devenir une nazie de l’alimentation anti-candida, qui scrute chaque étiquette et qui repose l’aliment en rayon dès la moindre “trace de…” quelque chose, ou qui refuse de faire le moindre écart. Vivre son alimentation comme une bataille à chaque repas n’est pas une solution pour moi, au contraire. On vient renforcer la frustration, on le vit comme une injustice, on se sent “puni” alors qu’avoir une candidose n’est déjà pas rose tous les jours…

Du coup, la véritable difficulté est de trouver le juste milieu entre le régime adapté et pourtant suffisamment souple pour ne pas craquer psychologiquement. C’est pour ça que je vous proposerai un peu plus tard un article complet sur les aliments autorisés dans le cadre du régime anti-candida, et surtout comment remplacer ceux qui ne le sont pas. L’idée au fond est de trouver des solutions pour se simplifier le quotidien… et pour moins se prendre la tête avec son assiette !

Mais alors, le régime anti-candida est bien “le” régime idéal pour vaincre la candidose ?

Non. Je ne le pense pas. Pour moi il n’y a aucun régime, je dis bien aucun régime, qui ne soit idéal ou qui ne soit le meilleur dans l’absolu. Seul le vôtre, celui adapté à votre organisme, est votre régime idéal. Car chacun réagit différemment, a des besoins différents, des forces ou des faiblesses qui lui sont propres.

Votre régime idéal ne sera peut-être pas facile à trouver car il découle d’une observation menée sur le long terme. Comment vous sentez-vous suite à l’ingestion de tel ou tel aliment ? Comment votre corps réagit si vous supprimez tel ou tel groupe d’aliments ? Bien sûr, le régime anti-andida, comme n’importe quel autre régime, donne les bases théoriques sur lesquelles s’appuyer pour combattre une candidose. Cependant chacun va réagir très différemment à un aliment : il autorisera peut-être la consommation occasionnelle voire assez régulière de celui-ci et au contraire demandera l’exclusion totale de celui-là.

Vous êtes le meilleur thérapeute pour vous-même, tant que vous écouterez votre corps, observerez comment il réagit à tel aliment ou groupe d’aliments et adapterez votre régime alimentaire en conséquence.

Certaines personnes sont tellement malades et ont un organisme tellement enflammé qu’elles ne pourront pas tolérer le moindre écart vis-à-vis du gluten, des produits laitiers, du sucre, ou de tel ou tel aliment. Dans ce cas bien évidemment, il n’est pas question de faire le moindre écart. L’idée est d’avoir un régime irréprochable pendant plusieurs mois pour diminuer drastiquement l’inflammation de l’organisme et pouvoir petit à petit tolérer une plus grande variété d’aliments via une réintroduction très lente.

Chez d’autres personnes, les symptômes sont moins aigus et un écart de temps en temps n’engendra pas de grandes conséquences sur le plan physique, et permettra même de relâcher un peu la pression sur le plan psychologique. C’est vraiment à vous de savoir quelles sont vos limites, ce que votre corps peut tolérer ou non. 

Du coup, je fais quoi ?

Mon conseil est le suivant : si vous avez une candidose, partez du régime anti-candida et ajustez-le lorsque l’occasion le demande selon ce que votre corps tolère ou non. L’idée ce n’est pas de s’autoriser le plus de desserts, de gluten ou de fromages possibles, loin de là. C’est au contraire de décider de chouchouter son corps, et de le faire du mieux que vous pouvez en lâchant un peu de lest, aussi sainement que possible, lorsque votre état de santé le permet.

Pensez également au régime FODMAPS : certaines personnes se sentent mieux avec cette approche qu’avec le régime anti-candida. C’est souvent le cas lorsque que les symptômes digestifs sont lourds (syndrome de l’intestin irritable, douleurs au ventre quotidiennes, ballonnements…). C’est un régime qui paraît assez compliqué au départ car il faut vraiment apprendre quels sont les aliments autorisés ou non. Pour certain(e)s il est encore plus difficile à suivre que le régime anti-candida mais pour d’autres il est plus souple car tout est une question de quantités et non d’aliments interdits. C’est à vous de voir si vous pensez que tenter l’expérience pendant 1 mois peut être intéressant dans votre cas (pour info, je vous recommande la liste des aliments autorisés d’Isabelle car il est difficile de trouver une source sûre).

Néanmoins, pour moi le point essentiel est de ne pas vivre votre régime alimentaire comme une bataille mais comme un moyen de vous retrouver et de vous créer une vie plus saine qui respectera à la fois votre corps et votre esprit. Ne regardez pas ce à quoi vous n’avez plus le “droit”, mais au contraire apprenez à écouter votre corps et ses besoins, et prenez conscience qu’il y a énormément d’aliments qui vont vous permettre de prendre soin de vous et de recouvrer la santé.

Enfin, ce que je voulais également dénoncer dans mon premier article, c’est le fait que beaucoup se focalisent sur le régime alimentaire dans le combat contre la candidose, alors que ce n’est qu’une partie du problème (ou de la solution). Ne manger que des légumes, c’est bien, mais avez-vous pensé à explorer des pistes complémentaires ? Par exemple, prenez-vous des médicaments qui pourraient l’entretenir ? Avez-vous essayé d’arrêter votre contraception hormonale pour voir si cela pouvait jouer ? Avez-vous des plombages que vous n’avez pas encore retirés et qui vous intoxiquent aux métaux lourds depuis des années ? Enfin, et ce n’est pas le moindre des facteurs, êtes-vous satisfait(e) de votre vie ? Je suis pour ma part persuadée que l’aspect psychologique joue un rôle prépondérant dans la maladie.  Y a-t-il des poids qui vous pèsent (des chocs émotionnels, des situations qui ne vous conviennent plus) sur lesquels vous pourriez décider de travailler pour vous en libérer ?

Voilà, j’espère que cet article vous aura permis de comprendre un peu mieux ma position quant au régime anti-candida. Je ne suis pas contre dans l’absolu, seulement opposée aux ayatollahs qui pensent que la solution est de vous priver de tout et de vous faire culpabiliser au moindre écart. Un peu d’humanité, bon sang ! Ce dont nous avons réellement besoin c’est de bienveillance, toujours de bienveillance, envers soi, envers son corps, envers les autres…

Je vous embrasse et vous souhaite bonne route sur le chemin de la guérison 🙂

 

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Faut-il suivre le régime anti-candida ?

 

26 novembre 2017
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2 Comments

  • Reply Sofia

    Bonjour Anaïs,
    c’est une très belle approche! La bienveillance avant tout.:-) J’aimerais apporter quelques réflexions similaires mais complémentaires issues de mon expérience, qui pourraient expliquer l’échec de nombre de ces régimes anti-candida suivis à la lettre.

    Histoire classique : candidose décelée par un naturopathe, régime drasdique et antifongiques naturels. L’état général se dégrade (c’est normal les premiers jours, réaction Herx où le candida libère ses toxines), mais après 2, 3 mois, pas de changements ! De nouveaux symptômes apparaissent (aigreurs d’estomac, diarrhée encore plus forte, notamment après la prise d’ovules antifongiques, fatigue à n’en plus finir, enchaînement d’otites sur rhumes…). Je continue et me dis « c’est normal », le candida est toujours là, mais il abdique et libère ses toxines. Et je persiste, appuyée par mon naturopathe plein de bonnes volontés mais hélas peu à l’écoute de mon ressenti.

    L’histoire évolue ! Puis j’entends parler de sensibilités (intolérances) alimentaires et environnementales, souvent cause ou conséquence de la candidose. Je fais un test chez une kinésiologue, et découvre avec stupeur que presque tout ce que je mange n’est pas accepté par mon corps : légumineuses, céréales complètes, œufs, certains légumes. (à cela s’ajoutent le soleil, le froid, l’herbe, les parfums…). Cela veut dire que mon système immunitaire mène une lutte éperdue contre tout ce que j’ingère, se fatigue, et laisse le champ libre au Candida. Faute de moyens pour me désensibiliser, je choisis de radicalement diminuer tous ces aliments en les remplaçant par d’autres aliments (légumes, plus de viande et… du riz blanc ! Malgré son index glycémique) et d’arrêter les antifongiques (sauf de temps à autre des huiles essentielles)
    Quel bonheur ! Quelques jours après, je me sens incroyablement mieux ! Un an plus tard, je fais enfin la désensibilisation pour remanger « de tout » (sauf du sucre rapide) puis un test par biorésonance m’indique que le Candida ne me chicane plus. J’ai retrouvé beaucoup d’énergie et d’acuité mentale mais ne cache pas vivre encore quelques bas. M’enfin bon, il ne faut pas devenir obsédé par un corps absolument sain et résistant à toute épreuve, on n’est pas des sur-humains.

    Conclusion? Ecouter son corps et ses symptômes, faire des tests d’intolérances, soutenir son système immunitaire par la phytothérapie (échinacée, …) ou une approche énergétique (kinésiologie, biorésonance, médecine chinoise, méditation…), s’éviter trop de stress (notre pire ennemi) le tout dans le but de ménager ses propres forces pour écarter lentement mais sûrement le Candida. Il ne faut pas voir ce champignon comme l’ennemi à éradiquer, à affamer, au détriment de sa propre santé et intégrité psychique (on utilise un vocabulaire très guerrier qui me surprend, venant de naturopathes). Si le Candida est là, ce n’est pas pour rien (on mange mal et il nous le rappelle). Alors.. acceptons-le dans un premier temps, remercions-le, commençons notre régime en pleine conscience, en se disant que l’on ingère de la vraie nourriture pleine d’énergie vitale, et renforçons notre système immunitaire qui se chargera lui-même de rappeler à l’ordre un Candida trop entreprenant.

    J’espère que cette réflexion sera utile à certain-e-s ! Bonne chance sur ce chemin souvent solitaire (il faut quand même pas mal tâtonner) mais qui n’annonce que du meilleur!

    10 décembre 2017 at 11 h 41 min
    • Reply Anaïs

      Coucou Sofia,

      Wouah, quelle histoire… Merci beaucoup pour ton témoignage, je suis certaine qu’il sera très utile à d’autres. Cela me conforte dans mes convictions et je suis vraiment contente que des personnes comme toi puissent attester qu’un “combat” acharné et obsédé par le candida n’est pas toujours la bonne solution. Quelle dose d’espoir, encore merci !

      Je t’embrasse,
      Anaïs

      10 décembre 2017 at 15 h 13 min

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