Le sentiment de vide intérieur

Le sentiment de vide intérieur

Suite à mon précédent article qui annonçait un petit dossier autour du sentiment de vide intérieur, j’ai remarqué que vous étiez plutôt intéressé(e)s par ce thème. J’en suis évidemment ravie, même si d’un autre côté cela dénote probablement que nous sommes nombreux(ses) à en souffrir.

Comme je vous le disais, moi je le ressens depuis des années. Il est là, comme un petit parasite qui s’accroche à mon dos et qui m’empêche d’être véritablement heureuse. Vous voyez les Détraqueurs, ces créatures gardiennes d’Azkaban, dans Harry Potter ? Eh bien voilà, le sentiment de vide intérieur, c’est en quelque sorte avoir un petit Détraqueur dans son dos.

 

Le vide affectif, ce petit Détraqueur

Dans Harry Potter, ils sont décrits comme des êtres qui se nourrissent des émotions positives des humains, et qui via leur « baiser » aspirent leur âme et les laissent comme une coquille vide. Le sentiment de vide intérieur nous empêche d’avoir des sentiments positifs, nous dépouille de notre identité et fait même de nous de petits Détraqueurs à notre tour – j’y reviendrai dans la partie consacrée aux dépendances.

Depuis la fin de l’année dernière, j’ai décidé de me reprendre en main et de mettre en application quelques techniques pour éloigner mon petit parasite. Bon, je vous l’ai dit, je ne suis pas devenue un clown en 2 semaines, loin de là. Je crois d’ailleurs que combattre le sentiment de vide intérieur prend des mois et même des années car il s’agit d’une bataille de tous les jours. Qui n’a jamais relâché ses efforts, croyant avoir enfin trouvé un mieux-être, pour se rendre compte peu de temps après que son moral retombait comme un soufflé ?

C’est pour ça qu’au lieu de promettre une recette miracle, je pense qu’il est très important de commencer par se connaître, et surtout connaître ses comportements inadaptés. Ensuite seulement on peut procéder à quelques réglages salutaires afin de diminuer ce sentiment pesant. Et si je ne maîtrise pas encore le sortilège du Patronus, au moins je commence à faire sortir quelques filaments de ma baguette qui effraient déjà mon petit Détraqueur !

 

Mon petit Détraqueur

Comment ça, mon illustration est kitsh ?!

 

Qu’est-ce que le sentiment de vide intérieur provoque en nous ?

Le sentiment de vide intérieur est un sentiment assez diffus et donc difficile à décrire. Le signe le plus distinctif, c’est que notre Détraqueur nous donne l’impression d’être incomplet(incomplète) parce qu’il crée un énorme vide en nous. On a l’impression qu’il nous manque quelque chose en permanence, sans que nous ne sachions quoi. On peut même le ressentir physiquement par une sensation d’inconfort, voire une douleur dans la poitrine ou le ventre.

Le Détraqueur a aussi égaré notre boussole interne : on se sent perdu(e) dans notre vie et nulle part à notre place. On a l’impression d’être en décalage avec les autres et avec le monde. Comment font-ils pour être heureux ? Pourquoi est-ce que moi je n’y arrive pas ? On a l’impression que personne ne nous comprend et qu’on est isolé(e) avec notre mal-être. On se sent seul(e) en permanence, même entouré(e) de beaucoup de gens.

Mais là où notre Détraqueur est vraiment très très fort, c’est pour nous faire voir tout en noir. Il aspire nos émotions positives de façon à ce qu’on n’arrive même plus à en ressentir. On oublie comment rire, on devient insensible aux circonstances heureuses. On passe notre temps à ressasser des idées noires concernant notre situation actuelle qui ne nous satisfait pas ou les périodes difficiles de notre passé. On éprouve une apathie générale, on n’a le goût de rien, tout nous ennuie profondément — même ce qui constituait nos passions ne nous fait plus vibrer. Du coup on passe nos soirées et nos week-ends au fond du canapé et on culpabilise de n’avoir pas pris l’air depuis 2 semaines, de n’avoir toujours pas fait notre lessive ni pris le temps de couper nos ongles. D’ailleurs le petit Détraqueur en profite bien pour nous enfoncer avec ses « Tu es nul(le) », « Tu es inintéressant(e) », « Tu ne sers à rien »…

On finit par angoisser pour tout et rien et par développer un grand sentiment d’insécurité. Sous les coups du Détraqueur, le bouclier que l’on porte tous pour affronter la vie a volé en éclat depuis un bon moment. On est vite atteint(e) et blessé(e), on ne se sent pas de taille à affronter la vie ni le quotidien. En plus on est épuisé(e) physiquement car il nous est devenu très difficile de trouver le sommeil avec toutes les idées noires qui tournent en boucle dans notre crâne.

 

En bref, vous l’aurez compris, quand on est confronté(e) au sentiment de vide intérieur, on ressent un manque, une apathie générale, une tristesse profonde, un sentiment de solitude exacerbé, de l’insatisfaction, une sensation de perte de repère et d’inadéquation au monde… Un vrai cadeau, quoi ! Bien entendu, tout le monde ne le ressent pas à la même échelle : ce peut être plutôt léger et épisodique (le Détraqueur revient généralement dans les moments où l’on se sent le plus fragile), tandis que chez d’autres ce sera au contraire très prononcé et en permanence.

Là j’ai plutôt fait une description qui correspond à un sentiment de vide intérieur très vif. D’ailleurs on pourrait trouver beaucoup de ressemblances avec la dépression, mais ce sont deux notions distinctes. Le sentiment de vide intérieur est souvent un des symptômes de la dépression, et il peut même nous y conduire lorsqu’il devient trop douloureux, mais on peut aussi souffrir du sentiment de vide intérieur sans être dépressif(ve).

 

Mais d’où vient le vide intérieur ?

Ce vide est en fait un vide affectif. Il semblerait qu’il provienne d’une blessure de rejet ou d’abandon, et d’un manque affectif pendant l’enfance. Il est couplé à une perte d’estime et de confiance en soi qui induit une grande dévalorisation de soi.

Je ne me risquerai pas plus loin sur l’origine du vide affectif, d’une part car je n’en ai pas les compétences (je ne suis pas psy), d’autre part parce que pour moi le « pourquoi » n’est pas très important, il convient plutôt de se centrer sur le « comment » (s’en débarrasser).

 

Quelles sont les solutions ?

C’est bien gentil tout ça, mais par où on commence ? En parlant de solutions, il me semble nécessaire de parler d’abord des mauvaises, celles que notre inconscient trouve tout seul afin de pallier le vide intérieur. Parce que s’il y a bien une chose que l’inconscient déteste, c’est le vide. Il trouve donc tout un tas de parades pour combler ce vide, souvent plus mauvaises les unes que les autres, qui en fin de compte ne font que l’augmenter. D’où l’importance de connaître nos modes de fonctionnement pour pouvoir changer ces comportements néfastes…

Rendez-vous au prochain article pour explorer ces « comportements par défaut » mis en place par notre inconscient !

 

En attendant prenez soin de vous.

 

15 février 2017
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5 Comments

  • Reply Fleur

    Bonjour Anaïs,
    Je viens de tomber sur ton blog que j’ai dévoré d’une traite, surtout ton dossier sur la candidose. J’ai été très touchée par ton témoignage, ayant vécu également une candidose.
    Je me suis beaucoup retrouvée dans la frustration alimentaire que tu décrivais : j’ai été atteinte, avec plusieurs récidives, pendant environ 3 ans, même si ce n’était pas un naturopathe qui m’avait prescris mon « régime » mais un dermatologue, ce qui n’était pas mieux car celui-ci me bombardait d’antibiotiques ! J’ai réussi à me dégager (pour l’instant) en arrêtant la pilule, en supprimant les aliments comme le lait/sucre et à rétablir un bon équilibre acido-basique, même si cela a pris un peu de temps. Mais je pense que ce qui le causait en grande partie était tout simplement mon état d’esprit, un grand vide comme tu le ressens.
    À cause de ça, je m’étais complètement replié sur moi-même et fermée aux autres, ce qui amplifiait mon mal être. Je n’ai pris conscience réellement de tout ça que lorsque j’ai commencé à lire des livres de développement personnel, qui m’ont beaucoup aider pour essayer de rétablir ma confiance en moi, mais aussi grâce au sport et à la méditation. Tu n’as pas encore publié ton article avec les solutions, mais je souhaitais te partager (rapidement, car je vois déjà que mon commentaire est long ^^ !) ce qui m’a aidé à voir des améliorations dans mon quotidien et de trouver le courage de commencer des nouvelles activités que j’aime.

    Voilà, désolé pour le pavé, je vais continuer à suivre ton blog qui me plaît vraiment beaucoup ! Je me retrouve beaucoup dans tes témoignages. Au plaisir d’échanger peut-être un jour avec toi 🙂
    Très bonne continuation <3

    24 février 2017 at 11 h 31 min
    • Reply Anaïs

      Bonjour Fleur, je suis vraiment émue par ton commentaire ! En effet, beaucoup de choses résonnent en moi dans ce que tu me racontes. C’est super intéressant de voir que quelqu’un d’autre qui est passé par là s’en est sortie. Tu viens d’éclairer ma journée, j’ai la pêche pour continuer à bloguer et à prendre en main ma vie, merci !
      J’ai également fait un tour sur ton blog, je le trouve vraiment super chouette, j’ai hâte d’en découvrir plus. 🙂
      A très bientôt !

      24 février 2017 at 12 h 24 min
      • Reply Fleur

        Oh je viens seulement de voir que tu avais répondu à mon commentaire, désolé 🙁
        Je suis beaucoup touchée par ta réponse, merci beaucoup ! Même après ce temps (cela fait 1 an et demi que je n’ai pas eu de récidive), ça m’a fait du bien de lire ton témoignage et tes conseils, on se sent tellement seul avec cette merde. Si tu souhaites échanger là-dessus, n’hésites pas à m’envoyer un message en privé 😉
        Merci pour ton mot sur mon blog ! Je le construis petit à petit, ça m’encourage vraiment ce que tu me dis ^^
        A bientôt !

        27 février 2017 at 10 h 01 min
  • Reply Aline - Graphiste illustratrice

    J’aime lire ce dossier sur le vide intérieur, je continue la suite de la lecture dans l’autre article!
    Je ne suis pas vraiment en mode « vide intérieur » mais cela peut arriver à de très rares moments…
    Grâce au livre de Lise Bourbeau – Les 5 blessures qui nous empêchent d’être nous-même, j’ai découvert que j’avais les blessures d’abandon et de rejet sur lesquels j’ai pas mal travaillé depuis!

    16 mars 2017 at 21 h 05 min
    • Reply Anaïs

      Coucou, merci de ton commentaire 🙂 Oui ce livre est excellent ! Sauf que j’ai pas encore trouvé comment travailler sur mes blessures, ah ah ! Il faudrait peut-être que je lise son livre qui en parle… 😉

      17 mars 2017 at 11 h 43 min

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